Présentation

David Joly
David JOLY est un artiste plasticien autodidacte né dans les Landes en 1974. Mixant la peinture et les collages, les matériaux et les supports, il compose ses tableaux comme de véritables organismes vivants. Après une première exposition remarquée à Paris, sous le commissariat de Jean-Michel MARCHAIS en 2013, il expose à Brooklyn, puis au West Harlem Art Fund de New York. De retour dans le sud-ouest après de longues années parisiennes, il axe son travail sur la mythologie basque et y établit des ponts avec l’art Africain et Haïtien. Une recherche qui l’amène aujourd’hui au cœur de récits originaux et autres mythes de la création ; entre monde perdu et renaissance perpétuelle.

« Fertiliser par l’imaginaire » David Joly est de ces artistes qui fouillent, décortiquent, analysent les traces que nous laissons. Dans le passé, dans le présent, il s’approprie nos débris, nos mythes, nos textes, les croisent et les transforment pour produire un art sensible et intelligent. D’un voyage à Madagascar il ramène le tourment d’une maladie. Peine que l’art va apprivoiser « La douleur c’est une aliénation, un moment où l’on peut devenir fou. C’est pendant cette période de souffrance que j’ai acheté de la peinture, poussé par une passion profonde et dure. » Désir de créer qui agit depuis « comme une trainée de poudre qui réembrase un feu étouffé. » Repenser l’ailleurs Forgé dans sa chair et dans son œuvre par les voyages, David Joly reste proche de ses terres natales et son passé culturel. Soucieux de faire réapparaître ce qui a pu être oublié, il renoue une production graphique avec des traditions orales, associes les cultures délaissées pour les refaire surgir dans le présent. « Je cherche à régénérer les mythes africains, les contes basques et d’autres oubliés en faisant des connexions graphiques ». Artiste polyvalent et curieux, ces travaux sont vecteurs de réflexions où l’intime côtoie l’universel. Sur des bureaux d’écoles il créé des spectres de nos sociétés urbaines dans lesquelles nos mutations ont parfois abandonnées le rêve. « Retravailler sur les bureaux d’écoles où l’on exprime des frustrations pour les fertiliser en imaginaire ». La récupération des mythes et des matériaux, David Joly cherche le vécu, que les objets soient chargés d’histoire pour pouvoir les articuler, les faire renaître. « Vivre pour pouvoir exprimer », l’adage de David Joly nous entraine dans son œuvre où l’autre, l’ailleurs, nous interpelle et nous invite à une réflexion poétique. Mythologies connexes Ses sujets lui viennent de ses expériences, de ses rencontres poétiques. Loys Labeque et Guy Tirolien, poètes basque et guadeloupéen dont il intègre les textes dans ses productions. David Joly, alchimiste de l’art et des cultures fait en permanence se rencontrer temples vaudou et forêts landaises, textes et peintures, formes et histoires pour construire un métissage unique dans sa capacité à exprimer. De la terre rouge africaine, du marais des landes où il habite, il en extrait la matière de ses créations. « Depuis que je vis dans la forêt, je vois ce mélange d’eau, de terre qui donne la vie, je ressens cette présence qui vient se coller sur mes toiles. » Sa série « Origines » va par empreintes, par apparitions, suggérer cette nature, comme force tellurique et créatrice. La nature s’oppose et compose avec l’humain ici, dans ses tragédies et ses fantasmes, comme une présence, une constante d’un art qui cherche à exprimer des émotions, « Eprouver chez l’humain une logique d’instinct, de primitivité, qui va de la peur à l’extase, que j’ai envie d’évoquer ». David Joly combat l’ethnocentrisme en évoquant les peuples en mouvement, ceux que l’on exploite, ceux que l’on oublie avec la finesse d’un art polymorphe qui sait confronter en associant discernement et poésie. Kevin DESLOIR – ARTENSION mars 2020
Plus attaché à une humanité dévastée, David Joly nous propose, en collages qui sont autant de magistrales gifles à nos intolérances, une vision particulièrement violente de nos sociétés urbaines qui oublient, loin derrière ces tas de détritus suburbains, ces gens du voyages, gitans, roms ou tsiganes dont la liberté d’être et de s’exprimer ne rentrent pas dans les moules de nos modes de vie calibrés. Alors on les rejette dans ces espaces noirs, honnis, d’où jaillissent pourtant les flammes de la vie. Etonnant combien dans ces toiles, l’humain n’apparait que là, dans ces campements de fortune, comme des mythes vivaces ! Car les légendes et la mythologie, âme des hommes, est sans cesse présente en ses oeuvres de magnifique spiritualité. Vous y trouverez même un autel caché qui rend hommage aux esprits qu’incarnent au Pays basque les arbres et les pierres, l’air et l’eau qui irriguent nos terres. Une spiritualité essentielle, basique, primale, qui vient de loin dans nos mémoires et l’histoire de nos civilisations anciennes et qu’ont su conserver, protéger les cultures ma’ohis ou les aborigènes, entre autres. Une dualité très complexe qui ne parle finalement que de l’essence vitale des hommes, en fusion complète avec la nature qui les entoure. Un vrai coup de coeur qui mêle style naïf haïtien, techniques de collage moderne et sources anciennes de vie en des styles qui cinglent le regard. Catherine CLERC – MAGMOZAIK
  •  2020
    • Centre d’Art Contemporain des Landes : Parallèles
    • Cloître de URDAX : exposition permanente
  • 2019
    • Chapelle Victor Duruy : Migration.
    • Paris, Galerie Marie-Claude DUCHOSAL : la dispersion et la soif
  •  2018
    • Pessac, La forme du songe, Sortie 13.
    • Bargemon, Américan Art Festival.