Poussin

C’est maintenant la nuit. Le sommeil approche et l’angoisse monte. Les yeux fermés, à la recherche du sommeil, je nage péniblement jusqu’en sous zone. Je fais affluer le sang dans mes globes oculaires. Le flot d’images crépite alors sur ma paroi rétinienne. PAPA LEGBA va ouvrir les vannes coco. Je suffoque. Après le bouillon, je retrouve un peu de souffle. Lentement les contours s’affinent. Ils s’affichent alors plus nettement…trop nettement.
Cette nuit sera interminable. Poussin est aux anges. Il envoie la gang de cauchemars m’infliger une série de morsures à haut voltage. Les serpents sifflent dans mon squelette. Ça grésille fort. Tous les soirs ils reviennent, genre supplice de Prométhée. Tous les soirs sur le rocher, ils m’écorchent à la Freddy Kruger. Mes os craquent et éclatent comme ceux du poulet sous les crocs du pit-bull. C’est l’hémorragie. Mes synapses sont prêtes à exploser. Le sang cogne à mes tempes, mes dents grincent. Je serre les poings. Ça griffe en dedans. L’os s’ouvre comme le noyau pourri d’une pêche.
Il faut en finir. Je vacille une dernière fois avant de m’écrouler anéanti. Le jour se lève. C’est fini pour cette nuit. Recroquevillé sur mon lit, je dors enfin.
A ce soir mon poussin.