Mes compositions sont élaborées comme des organismes vivants. Structurés comme des écosystèmes ou des équations chimiques, leurs éléments interagissent, se combinent, ou se détruisent.
Les organes, entités grotesques inspirées parfois de BOCH sont connectés par un réseau électrique et neuronal matérialisé par des caténaires et des synapses.
S’articule ainsi un système qui s’apparente au plan d’une ville ou une carte géographique.
On retrouve des éléments récurrents de mon imaginaire :
Si Crane Noir désigne la disparition programmée du système : sa date de péremption ; Poussin Noir détermine lui, le scénario final.
L’ampoule allumée symbolise les moments « d’éveil » que SARTRE décrit dans « LE MUR ».
Hiroshima représente la contamination : l’entrée des radiations dans le corps à une échelle imaginaire. Les cellules crient, vibres, bouillent puis se vident de substance vitale. C’est le premier round des guerres dites « propres » qu’on fait de chez sois et dont on ne voit pas les morts.
Photo de famille 1 et 2 retranscrivent le bouillon dans le lequel je plonge pour en extraire mon inspiration. On peut comparer ça à de la pêche aux gros, 20 000 lieux sous les mers, avec une lampe de chevet. J’en ressors monstres et sensations.
Transit tente de susciter l’angoisse du voyage : la ville qui défile le long des caténaires, la violence, un suicide sur les voies, les rencontres...
Dans Nord et Sud, poussin noir s’approprie l’eau. Le sud est privé de ressource vitale. Le personnage de gauche est sec comme des ossements blanchis par le soleil du désert. L’étoile est à la fois celle du capitalisme et de l’islam.